samedi 7 janvier 2012

Réglons nos montres



"The cool thing about being famous is traveling. I have always wanted to travel across seas, like to Canada and stuff."
Britney Spears, chanteuse (?) américaine.

"Ce qui est super quand on est célèbre, c'est de voyager. J'ai toujours voulu voyager au-delà des mers, au Canada par exemple, des pays comme ça".




Puissent vos pieds être aussi forts que votre volonté...
(photo pcta.org)
Pour moi, ce seront les genoux.


Amis lecteurs, vous aurez maintenant remarqué, si vous avez un tantinet consulté ce superbe blog, que je suis capable d'être redoutablement bavard, s'agissant de sujets qui me passionnent. Ils ne sont pas si nombreux que ça, quoique... La photo, la montagne, l'histoire américaine, le bricolage, voilà pour les grands domaines, et vous noterez qu'ils se fondent tous — à l'exception du bricolage — en un seul, avec le PCT. Et je n'ai pas vraiment l'intention de construire des refuges sur le Pacific Crest Trail, donc je laisserai camion et outillage à la maison. Mais il y a tout de même un lien dans ce fatras, celui de l'ouvrage, bâtir, partir de rien et lentement, patiemment œuvrer afin d'obtenir quelque chose, c'est ce qui m'a presque toujours guidé. La jubilation, c'est celle que doivent à coup sûr éprouver les thru-hikers à Manning Park, en se disant: "j'ai accompli ça?" Celle que j'ai eu l'occasion d'éprouver dans d'autres domaines. D'où mes admirations personnelles, non seulement pour certaines œuvres intellectuelles, mais aussi pour les artisans. Je place strictement au même niveau le charpentier et le luthier, si ce sont de vrais artisans, c'est-à-dire des artistes. C'est assez américain, ce mode de pensée, finalement. On n'y éprouve pas notre condescendance imbécile pour certains métiers. Un seul critère: la compétence, et l'utilisation optimisée d'un accessoire humain souvent délaissé qu'on appelle le cerveau. À la question posée à Scott Williamson sur l'équipement le plus important pour parcourir le PCT, il a répondu: ce que j'ai entre les deux oreilles.

Quand j'ai entamé ce blog, j'avais une motivation simple: je souhaitais garder des traces d'une aventure dont je ne connais pas la durée ni l'aboutissement, mais qui promet d'être néanmoins extraordinaire, a life-changing, once-in-a-lifetime experience. Je préfère laisser ça en Anglais, cette langue a une extraordinaire capacité de concision (ce n'est pas comme moi, oui, je sais). Ma mémoire est catastrophique et ce sont généralement les photos qui en font fonction. Mais écrire me paraît dans ces circonstances un appoint indispensable. 
Je me demandais néanmoins au début ce que j'allais bien pouvoir raconter (!). Et je suis le premier surpris d'écrire, encore et toujours, deux mois plus tard. Je ne voulais surtout pas me forcer, et je ne me force pas. Je ne sais pas du tout si mes élucubrations sont intéressantes, mais c'est une autre question. J'ai commencé à construire, encore, même si cette partie-là n'est certainement pas la plus éprouvante. C'est certainement un des aspects qui m'ont attiré dans le PCT: ça ne s'improvise pas en deux minutes. Faut faire des plans. Faut bâtir, avant et pendant. Faut du cœur à l'ouvrage. Faut de la persévérance (ou de l'obstination, ou de l'entêtement, à vous de voir).
En tout cas, j'avais déjà prévu, et rédigé, le message par lequel je pensais vous annoncer que je suspendais mon blog jusqu'au mois d'avril. Ce message est en train de prendre la poussière, parce que je trouve de nouveaux sujets sans trop d'efforts et surtout, parce que je SAIS que le lendemain du jour où je vous aurais dit que je suspendais le blog, j'aurais eu envie d'écrire et j'aurais été furieux contre moi-même — ce qui m'arrive souvent — de ne pouvoir le faire.

On va donc plutôt convenir de "règles" légèrement différentes. À compter de ce jour, je ne garantis plus de publication quotidienne (pourquoi y en a qui applaudissent dans le fond??). Il est hors de question que je m'impose — et vous impose — un message quotidien forcé. Le rythme pourrait donc changer (?). En tout état de cause, à compter du début du mois d'avril 2012 (roulement de tambours, c'est très bientôt), ce blog se transformera en journal. Je m'efforcerai de rédiger un journal quotidien, mais je sais que ce ne sera pas toujours tâche aisée. Et le publier encore moins. Une fois par semaine, si tout va bien.


En attendant, il est grand temps que je m'agite. Accélération de la préparation physique, graissage répété de mes vieux genoux qui veulent me faire des misères, mise au point de la logistique, etc. En arrivant à Los Angeles le 1er avril prochain, ce qui est la seule chose sûre pour l'heure si l'avion ne s'écrase pas, je dois savoir quoi faire, rapidement et de manière efficace. Pour une fois.
Donc, le sens de ce message est de vous dire que je me réserve la possibilité de ne plus publier tous les jours. C'est tout. De toute façon, je ne vous demande pas de vous engager à lire ce fantastique blog tous les jours, alors...




En tout état de cause, même si je maintenais un difficile silence radio d'ici là (j'ai des doutes), je vous invite donc formellement à me rendre à nouveau visite à la même adresse à compter du 1er avril 2012, si une pluie de sauterelles ne s'est pas abattue sur nous entretemps. St Jean nous l'a annoncée, je vous le rappelle, avec toute une série d'autres joyeusetés. J'espère tout de même que l'Apocalypse et ses quatre cavaliers attendront encore quelques mois. 

Je vous remercie bien sincèrement de prendre la peine de lire mes interminables vaticinations. J'ose espérer que vous me resterez fidèles: il se pourrait que j'aie ma propre version de l'apocalypse à vous raconter au printemps prochain. Et je ne parle pas des résultats de l'élection présidentielle (Thomas, c'est toi qui iras voter à ma place), ni de l'explosion de la zone Euro, quoique. La fin du monde, c'est bien en 2012?


Les cavaliers de l'Apocalypse.
Euh, Albrecht, dis-moi: c'est un puma, en bas à gauche??
Hein? Dis, Albrecht, dis?

Et lui, Albrecht, c'est pas sur le PCT que tu l'as vu, hein? Hein?
Réponds-moi, Albrecht!




"When words become unclear, I shall focus with photographs. When images become inadequate, I shall be content with silence."
Ansel Adams

Ah, celle-là, je veux bien la faire mienne! Et je m'efforcerai de la mettre en œuvre dans mon futur journal du PCT dès le mois d'avril. Ansel Adams est d'ailleurs, lui aussi, dans mon Panthéon personnel, avec Albrecht (Dürer)...

"Lorsque les mots perdront de leur clarté, je m'exprimerai avec des photographies. Et si les images ne conviennent plus, je serai heureux de garder le silence".




Je vous embrasse toutes et tous. Plus que trois mois, saperlipopette!!
N'oublions quand même pas l'essentiel: J'AI DE LA CHANCE, BEAUCOUP DE CHANCE, et je suis impatient de me retrouver là où cette photo a été prise. Ce qui devrait suivre pendant cinq mois, et plus si affinités, n'est pas mal non plus. Yesssss!!!

Tu feras moins le malin dans 3 mois!



Question éliminatoire:

Quel est le poids du magnifique objet ci-dessous? Envoyez vos réponses par SMS au 7 14 14 (2665 euros la minute).




Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire